Rencontre du 3ième type # col du Cabaretou – 1111

Il est 13 heures. Rendez-vous était donné, à 949 m d’altitude. Lacet après lacet la visibilité s’estompe. Un épais manteau brumeux enveloppe la montagne.  Arrivée au col – attente. Au bout de quelques minutes, le son d’un échappement souffreteux contrarie le silence. Deux phares percent péniblement le brouillamini. « C’est elle !  » se dit la silhouette élancée à la casquette. Il se dirige d’un pas lent et assuré vers le véhicule. La Fiat rouge ralentit, roule au pas. « Ce doit-être eux », suppose la femme au volant.  Elle s’arrête. L’inconnu se penche. La vitre conducteur embuée glisse vers le bas. « C’est nous !  » poursuit-il.

Un jour, au jour # Dakar – 03

Une rue comme tant d’autres à Dakar. Passager, étranger, clandestin, familier au gré des allées et venues, au gré des rencontres, à la [dé]faveur des vicissitudes du temps, l’inscription y demeura entière, indécise, incertaine. L’envie de dépasser l’exotisme, l’inconnu, l’altérité offre ses moments de grâce. Elle n’exclue pas les points d’achoppement qui se muent parfois en blessures de l’âme. Alors la réalité fixée par l’objectif se dérobe du cadre. Elle s’éclipse, avant de revenir un jour,  au jour.

Avant le retour # Dakar – 0797

Gare Routière des pompiers. On retarde l’échéance du retour. Safamirigui en Guinée-Conakry s’impose comme destination, sur les pas d’Amadou, sur les traces de René Caillé. On prolongera à Labé, Kankan via Macenta avant Bamako et Hombori… Tombouctou ne nous ouvrira pas ses portes, mais qu’importe la destination, l’échappée ouest africaine était belle.

Oups ! # Montpellier – 1111

Parfois, il est tentant de sortir des sentiers battus, d’emprunter des chemins de traverse ou plus prosaïquement d’aller au plus court. L’issue, lorsqu’on est un peu trop présomptueux ou généreux, n’est pas toujours des plus heureuses.

Le jour d’avant # Palavas – 1111

Le jour d’avant, il faisait beau. Tout le monde s’était semble-t-il mis d’accord. Rendez-vous était donné sur la plage de Palavas-les-Flots. Une partie de football s’improvise. Certains essaient de dompter les caprices du vent avec frisbee et autre cerf-volant. Un papa brave la douceur automnale en maillot de bain. Des enfants tentent en vain d’attraper les mouettes. Les nuages s’immiscent dans le ciel. La nuit tombe plus tôt que d’accoutumée. Le jour d’avant,… la tempête.

Au fond d’un tiroir # Lambaye – 0503

Certaines pellicules n’ont vocation qu’à prendre la poussière dans le noir d’un tiroir. Et puis un jour on décide de les revisiter. On s’attarde autrement sur les planches contact. Le regard a changé… On n’observe plus les mêmes choses. On s’arrête sur une image, avec l’envie de la sortir du noir.

Le temps d’une vie # Guinée-Conakry – 0797

La tradition migratoire est profondément enracinée dans l’histoire de l’Afrique. Si elle s’actualise aujourd’hui dramatiquement sur un axe nord-sud, elle a toujours joué un rôle central dans les stratégies de subsistance. L’ Europe n’a pas été la destination privilégiée pour beaucoup. Le temps d’une vie, Amadou Tapsir Diallo a sillonné l’Ouest du continent africain. Les retours à Safamirigui, dans son village natal ont été rares. Une vie loin des siens pour le siens. J’ai eu la chance de l’accompagner un été – entre Dakar (Sénégal) et Safamirigui (Guinée Conakry).

Prendre et perdre son temps # Avignon – 1011

Avignon, place du Palais des Papes. La période estivale touche à sa fin. La population touristique, coutumière de l’endroit, est plutôt clairsemée. Un homme âgé, casquette vissée sur la tête est assis. Instant de répit, d’attente, de réflexion ? Les minutes s’égrènent, se prolongent.  Il se lève puis s’en va, impassiblement. Peut-être était-il là sans d’autre fin que de laisser passer le temps. Une posture presque incongrue dans un lieu où les visiteurs semblent courir après lui.

Premier schuss # Hombori (Mali) – 0797

 1997 – périple en Afrique de l’ouest après un séjour de deux années à Dakar. Un petit village malien entre Gao et Mopti, aux portes du désert, niché au pied des abruptes d’un îlot montagneux. A l’époque le nord Mali n’était pas en zone rouge au nom d’un « principe de précaution » aux conséquences ravageuses sur l’économie locale. Escale pour deux nuits. Nous sommes hébergés chez Moussa. Il sort du fond de sa chambre une paire de skis laissée par un guide de haute montagne suisse de passage. Ça ne s’invente pas. C’est le début l’hivernage. La pluie a tamisé le sable sur les dunes. L’occasion est trop bonne. Je n’avais encore jamais skié.

Ouverture de la Maison de l’Image Documentaire # Sète – 1011

Dimanche 23 octobre, escapade sétoise pour l’inauguration de la Maison de l’Image Documentaire. Au RDC un petit studio est improvisé. L’occasion est donnée au promeneur du dimanche de se faire « tirer le portrait ». Une bôite à lumière, un fond aux couleurs chatoyantes, une petite imprimante et l’affaire est faite en quelques minutes, sous la direction d’un photographe. A l’étage  L’exposition “REG4RDS” (22 octobre au 3 décembre 2011) retrace quatre années de carte blanche offerte à des photographes : Oscar Petersen (sur la photo), Bertrand Meunier, Juliana Beasley et Juan Manuel Castro Prieto. Un canapé cotoie deux fauteuils sur une salle pallière, sorte de sas transitionnel entre les images qui tapissent les mur. On peut y consulter des revues internationales de photographies, des ouvrages… A voir !

Maison de l’image documentaire Association CéTàVOIR 3 rue Raspail 34200 SÈTE Tél. 04 67 18 27 54

L’essentiel était ailleurs # Amiens – 0811

 

Nous sommes en Aout et l’automne devance déjà l’appel. Les pulls s’imposent, le ciel est gris, bientôt la pluie. Retour vers un « chez nous » désormais lointain, étranger dans un espace familier. Nos hôtes nous guident dans un dédale de  sentiers. Les sous-bois succèdent au champs de blé récemment fauchés. Finalement, il n’aura pas plu. Une éclaircie se sera même invitée à la balade. L’été était bien là, où on le soupçonnerait pas.

Un air d’antan # Antigny – 0811

Le rendez-vous était donné au stade municipal d’Antigny, le 07 aout 2011 à 9 heures. À l’écart du village entre champ de maïs et champs de blé, rien ne distingue le stade des pâtures si ce n’est son rectangle un peu plus vert bordé d’une allée de thuyas le long de la départementale. Un petit bungalow en guise de vestiaire, un modeste robinet office de douche, tout ici respire l’épure. L’activité principale doit se résumer aux quelques matchs dominicaux de l’équipe locale où les coups de sifflets de l’arbitre font écho au son du clocher. Situé à 3 kms de Saint-Savin, tout près de la Gartempe, Antigny, village à vocation essentiellement agricole organise sa fête des battages. Démonstration de travaux agricoles par traction animale, défilé de matériels et véhicules anciens, artisanat, ballet équin, exposition avicole…

Les veilleurs de sentiers # Hérault – 0911

7h15, Poujo-sur-Orb s’éveille doucement. L’arrivée des écoliers rompt le silence matinal. Ils attendent le bus de ramassage scolaire sous le halot des éclairages publics. Sur le parking, je retrouve l’équipe des rando-pisteurs. Un café s’improvise sur le trottoir. On jauge l’humeur matinale avec quelques goguenardises. L’ambiance se réchauffe. Les rires tutoient les sourires. Ils finissent par effacer les stigmates d’une nuit écourtée. Il est temps de reprendre la route. Jean-Baptiste Mesquida, le chef d’équipe, sonne le départ. À mesure que nous avançons le voile nocturne se lève sur les cimes et ses vastes étendues de landes. Nous arrivons au hameau de La Fage où nous posons pied-à-terre. En contrebas les gorges de Colombières demeurent dans la pénombre alors qu’à l’horizon, une brume épaisse couvre la vallée…